Norvège ou Islande : quelle destination choisir ? Le comparatif complet [2026]
En bref
- Norvège ou Islande ? L’Islande pour un road trip court et compact sur une terre volcanique brute (geysers, sources chaudes, glaciers, sable noir) ; la Norvège pour les fjords, la montagne verte, les randonnées mythiques et les villages de pêcheurs.
- Distances : l’Islande se boucle en 8 à 10 jours par la Route 1 (environ 1 330 km). La Norvège fait plus de 1 750 km du sud au nord : il faut choisir une région, pas « faire le pays ».
- Budget : les deux sont chers. L’Islande coûte plus cher sur la location de voiture et les activités guidées ; la Norvège sur les ferries, les péages et les longues distances.
- Le point que personne ne dit : le camping libre est autorisé en Norvège (allemannsretten) et interdit en Islande hors campings dès qu’on dort dans un véhicule. À budget serré, ça change tout.
- Le piège à éviter : venir chercher des forêts, des lacs de montagne et des sentiers balisés en Islande — c’est un désert minéral, magnifique mais nu.
« Norvège ou Islande pour mon prochain voyage ? » C’est probablement la question qu’on me pose le plus souvent, et c’est celle sur laquelle je vois le plus de gens se tromper. La réponse courte : choisissez l’Islande si vous voulez une terre volcanique brute et un road trip circulaire bouclé en dix jours, et la Norvège si vous voulez des fjords, de la montagne verte et des randonnées. Les deux sont spectaculaires, les deux vous coûteront cher, mais ce ne sont absolument pas les mêmes voyages. Je vis en Norvège depuis plusieurs années et j’ai fait l’Islande deux fois — une en été en voiture, une en hiver pour les aurores. Voici la comparaison honnête, chiffres à l’appui, sans le « les deux c’est génial » qui ne vous aide pas à trancher.
Norvège ou Islande : la réponse courte selon votre profil
Avant le détail, le tableau qui devrait déjà faire pencher la balance.
| Votre priorité | La destination | Pourquoi |
|---|---|---|
| Road trip complet en 8-10 jours | Islande | La Route 1 boucle toute l’île : un itinéraire évident, sans choix déchirant |
| Fjords et montagnes | Norvège | Plus de 1 000 fjords, des sommets à 2 469 m, des routes de haute altitude |
| Volcans, geysers, sources chaudes | Islande | Géothermie active partout, jusque dans les piscines de quartier |
| Randonnée balisée sur plusieurs jours | Norvège | Réseau DNT de sentiers et de refuges, Preikestolen, Trolltunga, Besseggen |
| Voyage à petit budget | Norvège | Camping libre légal, supermarchés moins chers, plus d’auberges |
| Aurores boréales quasi garanties | Match nul | Toute l’Islande et le nord de la Norvège sont sous l’ovale auroral |
| Premier voyage nordique, peu de temps | Islande | Vol direct depuis Paris (~3 h 30) et tout est à portée d’une boucle |
| Voyage avec des enfants | Norvège | Étapes plus courtes, plus d’infrastructures familiales, climat moins rude |
Paysages : le feu islandais contre la glace sculptée norvégienne
C’est la vraie différence, et elle est géologique. L’Islande est une île volcanique jeune, posée sur la dorsale médio-atlantique, où deux plaques tectoniques s’écartent. Résultat : des champs de lave à perte de vue, des cratères, des solfatares qui fument, des plages de sable noir, des cascades qui tombent dans le vide et presque aucun arbre. C’est un paysage minéral et souvent lunaire — la NASA y a entraîné ses astronautes Apollo, ce n’est pas un hasard.
La Norvège, elle, c’est un pays sculpté par les glaciers dans une très vieille roche : des fjords profonds qui remontent à des dizaines de kilomètres dans les terres, des parois verticales, des forêts de bouleaux et de sapins, des alpages verts et des villages de pêcheurs colorés accrochés à l’eau. C’est spectaculaire d’une façon plus douce, plus habitée. Si vous voulez un aperçu concret de ce que ça donne, j’ai listé les incontournables dans mon top 20 des endroits à voir en Norvège.
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Distances et conduite : le vrai facteur de décision
C’est le critère que les comparatifs oublient systématiquement, et c’est pourtant lui qui détermine si votre voyage sera agréable ou épuisant.
| Critère | Islande | Norvège |
|---|---|---|
| Superficie | ~103 000 km² | ~324 000 km² (continent) |
| Itinéraire principal | Route 1, boucle d’environ 1 330 km | Aucun : pays en longueur, 1 750 km Oslo–Tromsø |
| Durée idéale | 8 à 10 jours pour le tour complet | 7 jours pour une région seulement |
| Ferries à prévoir | Quasiment aucun | Nombreux, souvent obligatoires sur la côte ouest |
| Tunnels et péages | Très peu | Omniprésents (facturation automatique AutoPASS) |
| Population | ~390 000 habitants | ~5,6 millions d’habitants |
| Point culminant | Hvannadalshnúkur, 2 110 m | Galdhøpiggen, 2 469 m |
Concrètement : en Islande, vous arrivez, vous prenez la Route 1, vous tournez, et vous avez vu l’essentiel du pays. C’est un des rares pays au monde où « faire le tour » est réaliste en une dizaine de jours. En Norvège, si vous essayez de faire Oslo, les fjords et les Lofoten en une semaine, vous allez passer votre voyage dans une voiture, un train et un avion. C’est pour ça que je conseille toujours de choisir un axe unique, comme dans mon itinéraire 1 semaine en Norvège jour par jour.
Bon à savoir : en Islande, la Route 1 est goudronnée sur la quasi-totalité du parcours, mais les pistes F des hautes terres exigent un 4×4 et sont fermées une bonne partie de l’année (souvent jusqu’à fin juin). Elles ne sont pas couvertes par les assurances des voitures de tourisme. En Norvège, ce sont plutôt certains cols de montagne qui ferment l’hiver — la vraie contrainte, c’est la neige, pas le type de véhicule.
Budget : où part vraiment l’argent
Les deux pays sont dans le peloton de tête des destinations les plus chères d’Europe, et il est malhonnête de dire que l’un est « bon marché ». Mais l’argent ne part pas au même endroit, et ça, c’est actionnable.
| Poste de dépense | Islande | Norvège |
|---|---|---|
| Vol depuis Paris | Direct, ~3 h 30 | Direct, ~2 h 20 |
| Location de voiture | Plus cher | Moins cher |
| Carburant | Élevé (~2 €/L) | Élevé (~2 €/L) |
| Ferries et péages | Négligeable | Poste à part entière (50-150 € sur un road trip) |
| Activités guidées | Poste majeur (glacier, baleines, grottes) | Optionnelles : beaucoup se fait en autonomie |
| Hébergement | Peu d’offre = prix tendus en haute saison | Plus d’options : cabanes, auberges, campings |
| Camping libre | Interdit en véhicule | Autorisé et gratuit |
| Monnaie | Couronne islandaise (ISK) | Couronne norvégienne (NOK) |
La grande différence pour un voyageur économe, c’est le droit de camper. En Norvège, l’allemannsretten (le droit d’accès à la nature) vous autorise à planter une tente gratuitement dans la nature, à plus de 150 mètres d’une habitation et pour deux nuits maximum au même endroit — j’explique les règles précises dans mon guide sur le camping en Norvège. En Islande, cette liberté a été fortement restreinte : depuis 2015, dormir dans un van, un camping-car ou une caravane en dehors d’un camping officiel est interdit. Sur dix nuits, ça peut représenter plusieurs centaines d’euros d’écart.
Autre nuance : la couronne norvégienne s’est nettement affaiblie face à l’euro ces dernières années, ce qui a mécaniquement rendu la Norvège plus abordable pour un voyageur de la zone euro. Vérifiez le taux du moment avant de figer votre budget, il bouge vite.
Météo et saisons : deux climats bien distincts
L’Islande a un climat océanique très venté, aux amplitudes faibles : il ne fait presque jamais très froid, mais il ne fait jamais chaud non plus, et le vent est constant. La Norvège offre des étés bien plus doux à l’intérieur des terres — Oslo dépasse régulièrement les 25 °C en juillet.
| Ville | Juillet (max moyen) | Janvier (moyenne) | Particularité |
|---|---|---|---|
| Reykjavik (Islande) | ~13 °C | ~0 à 2 °C | Vent permanent, météo qui change en une heure |
| Oslo (Norvège) | ~22 °C | ~-3 °C | Vrai été continental, hiver franchement froid |
| Bergen (Norvège) | ~18 °C | ~2 °C | Une des villes les plus pluvieuses d’Europe |
| Tromsø (Norvège) | ~16 °C | ~-3 °C | Soleil de minuit l’été, nuit polaire l’hiver |
Point important : l’Islande est trop au sud pour connaître une vraie nuit polaire ou un vrai soleil de minuit — vous aurez des journées très longues en juin, mais le soleil se couche. Au nord du cercle polaire en Norvège, en revanche, le soleil ne se couche pas du tout pendant plusieurs semaines, et ne se lève pas du tout en décembre. Je détaille ce que ça change au quotidien dans mon article sur l’hiver en Norvège.
Aurores boréales : match nul, mais pas pour les mêmes raisons
Les deux destinations sont excellentes, et il faut se méfier des articles qui désignent un vainqueur net. La saison est identique : de fin septembre à fin mars, avec un besoin de ciel dégagé et d’obscurité.
L’Islande a l’avantage d’être entièrement située sous l’ovale auroral : vous pouvez tenter votre chance depuis n’importe où, y compris à quelques minutes de Reykjavik. Son handicap, c’est une couverture nuageuse océanique très fréquente, et une île trop petite pour « fuir » les nuages.
Le nord de la Norvège (Tromsø, Alta, les Lofoten) est pile sous l’ovale lui aussi, avec un atout décisif : l’intérieur des terres, vers Alta et la frontière finlandaise, bénéficie d’un climat bien plus sec. Quand la côte est bouchée, les chasseurs d’aurores locaux roulent une heure ou deux vers l’est et retrouvent un ciel clair. Cette possibilité n’existe pas en Islande.
Le conseil d’Ingrid : ne réservez jamais un voyage aurores de trois nuits, où que ce soit. Le facteur limitant n’est pas l’activité solaire, c’est la météo. Comptez au minimum cinq à sept nuits sur place pour avoir une vraie probabilité d’en voir, et considérez chaque nuit comme un tirage indépendant. Les gens déçus sont presque toujours ceux qui sont venus trois jours.
Faune sauvage : l’argument oublié des comparatifs
Personne n’en parle, et pourtant si vous voyagez pour observer des animaux, la question est vite tranchée. L’Islande, isolée au milieu de l’Atlantique, n’a qu’un seul mammifère terrestre indigène : le renard polaire. Tout le reste (moutons, chevaux islandais, rennes de l’est) a été introduit par l’homme.
La Norvège, rattachée au continent, a une faune bien plus riche : élans, rennes, cerfs, lynx, gloutons, et les fameux bœufs musqués du parc de Dovrefjell, qu’on peut approcher à pied avec un guide. Au Svalbard, on entre carrément dans le territoire de l’ours polaire.
Sur le plan marin, en revanche, les deux se valent : baleines à Húsavík côté islandais, cachalots à Andenes et orques à Skjervøy côté norvégien. Les macareux sont spectaculaires dans les deux pays, avec un léger avantage islandais sur la taille des colonies.
Un dernier point trivial mais que vous m’aurez remercié d’avoir mentionné : il n’y a pas de moustiques en Islande. Dans le nord de la Norvège, en juillet, il y en a beaucoup.
Formalités, sécurité et vie pratique
Sur ce terrain, les deux pays sont quasiment jumeaux, ce qui simplifie la décision. Islande et Norvège sont toutes deux hors Union européenne mais dans l’espace Schengen et dans l’Espace économique européen. Pour un citoyen français, une carte nationale d’identité en cours de validité suffit dans les deux cas — je détaille les subtilités dans mon article faut-il un passeport pour partir en Norvège. Attention toutefois : le système d’autorisation de voyage européen ETIAS doit entrer en application prochainement pour les ressortissants hors UE, mais il ne concerne pas les citoyens français.
Les deux pays figurent parmi les plus sûrs au monde, la carte bancaire est acceptée absolument partout (les espèces sont quasiment inutiles), et l’anglais est parlé couramment.
La différence réelle est ailleurs : l’Islande a une activité volcanique en cours. Depuis 2021, la péninsule de Reykjanes — celle où se trouvent l’aéroport de Keflavík et le Blue Lagoon — connaît des épisodes éruptifs répétés, qui ont provoqué des fermetures de sites et l’évacuation de la ville de Grindavík. Ce n’est pas une raison d’annuler un voyage, mais c’est une variable à surveiller sur les sites officiels islandais (Vedur pour la météo et la sismicité, SafeTravel pour l’état des routes) avant et pendant votre séjour. La Norvège n’a pas cet aléa.
Peut-on combiner la Norvège et l’Islande ?
Oui, et c’est plus simple qu’on ne le croit : Icelandair et les compagnies scandinaves relient Oslo à Reykjavik en vol direct, en environ 3 heures. C’est même une combinaison assez logique si vous avez deux semaines complètes — par exemple une semaine de fjords norvégiens et une semaine de boucle islandaise.
Mais soyons honnête : sur dix jours, c’est une mauvaise idée. Vous perdrez deux journées entières en transferts et vous survolerez les deux pays. Si vous n’avez pas quatorze jours pleins, choisissez-en un et gardez l’autre pour un prochain voyage. Ce raisonnement vaut d’ailleurs pour tous les pays nordiques, comme je l’explique dans ma comparaison Norvège ou Suède.
FAQ
L’Islande est-elle plus chère que la Norvège ?
Globalement oui, surtout sur la location de voiture, les activités guidées et l’hébergement en haute saison. Mais la Norvège rattrape une partie de l’écart avec ses ferries, ses péages et ses longues distances. L’écart réel dépend surtout de votre mode de voyage : à budget serré avec une tente, la Norvège est nettement plus économique grâce au camping libre légal.
Norvège ou Islande pour voir les aurores boréales ?
Les deux fonctionnent très bien de fin septembre à fin mars. L’Islande est entièrement sous l’ovale auroral, mais souvent nuageuse. Le nord de la Norvège offre la possibilité de se déplacer vers l’intérieur des terres (Alta), plus sec, pour échapper aux nuages. Avantage léger à la Norvège si vous êtes mobile.
Quelle destination pour un premier voyage nordique ?
L’Islande, si vous avez moins de dix jours : un vol direct, une boucle unique, aucun arbitrage difficile. La Norvège si vous avez plus de temps ou si vous voulez randonner.
Combien de jours faut-il pour chaque pays ?
Comptez 8 à 10 jours pour boucler la Route 1 islandaise sans courir. Pour la Norvège, 7 jours suffisent pour une seule région (les fjords ou les Lofoten ou le sud), et il faut plutôt 12 à 14 jours pour en combiner deux.
Peut-on faire du camping sauvage dans les deux pays ?
Non. C’est un droit constitutionnellement ancré en Norvège via l’allemannsretten, y compris en tente dans la nature. En Islande, dormir dans un véhicule hors camping officiel est interdit depuis 2015, et la tente hors camping est très encadrée.
Faut-il un 4×4 en Islande ou en Norvège ?
Une voiture de tourisme suffit sur la Route 1 islandaise et sur les routes norvégiennes principales. Le 4×4 n’est indispensable que pour les pistes F des hautes terres islandaises, ouvertes seulement en plein été.
Pour aller plus loin
- Norvège ou Finlande : quel pays choisir ? — le même exercice avec le voisin le plus discret du Nord.
- Norvège ou Danemark : quel pays choisir ? — pour compléter le panorama scandinave.
- Comment louer un van en Norvège — prix réels et loueurs, si le road trip norvégien l’emporte.
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